Les deux premiers syndicats de la Poste, la CGT et Sud, ont dénoncé mardi un malaise persistant au sein de l’entreprise

ceci malgré les initiatives prises récemment par la Direction à la suite de plusieurs suicides. »

Il y a une catastrophe humaine qui se développe à La Poste aujourd’hui. Il y a des postiers et des postières qui sont en souffrance incroyable. Il faut trouver des solutions », a déclaré à l’AFP Bernard Dupin, représentant de la CGT, premier syndicat de l’entreprise.La Poste

« On sent quand même qu’il y a un vrai, vrai malaise », renchérit Régis Blanchot (Sud) qui juge « incompréhensible » l’absence de prise de conscience de la direction.

Le malaise social vécu par certains salariés du groupe, qui emploie quelque 240.000 personnes, avait éclaté au grand jour en 2012 après le suicide sur leur lieu de travail de deux cadres en Bretagne les 29 février et 11 mars, précédé d’un autre suicide à Paris. Le PDG, Jean-Paul Bailly, avait alors lancé un « grand dialogue » et chargé une commission présidée par l’ancien secrétaire général de la CFDT, Jean Kaspar, de présenter un rapport.

Après en avoir pris connaissance, le groupe public avait annoncé l’ouverture de négociations avec les syndicats afin de mettre en oeuvre « l’ensemble des préconisations » du document et avait annoncé un « allègement de la pression sur les effectifs » via le recrutement de 15.000 personnes sur la période 2012-2014, au lieu des 10.000 initialement prévus.

Mais depuis, la situation ne s’est pas améliorée, affirment la CGT et Sud.

La Poste rappelle de son côté que les recommandations issues du grand dialogue et du rapport Kaspar « ont été intégrées dans un accord social relatif à la qualité de vie au travail signé en janvier par les syndicats FO, CFDT, CGC/Unsa, CFTC ».

« Cet accord a mis en place 17 mesures immédiates pour l’amélioration de la vie au travail et prévoit également un programme de négociations complémentaires d’ores et déjà engagé », ajoute le groupe.

Mais pour M. Dupin, le « grand dialogue » et l’ouverture de chantiers de négociation qui en découle ne sont que « de la communication, de l’enfumage ».

« Il faut discuter de la politique » du groupe car « on ne peut plus continuer une politique qui nous emmène comme ça dans le mur avec une catastrophe humaine tel qu’on la connaît », dit-il.

« L’impression que ça laisse, c’est que, y compris après le grand dialogue, après la commission Kaspar, ça se relâche sur le terrain » au niveau du rythme des réorganisations et des méthodes de management, affirme M. Blanchot. « On a franchement l’impression que l’orage est passé et que maintenant, on recommence, qu’il faut récupérer le temps perdu, et que le management est en conséquence », ajoute le syndicaliste.

Sans se prononcer sur l’évolution du climat social, Alain Barrault (CFDT) indique également avoir constaté une reprise des réorganisations avec la volonté de « rattraper le temps perdu ». Il insiste sur la nécessité de prendre le temps et de respecter les dispositions de l’accord sur la qualité de vie au travail (respect des temps de pause, remplacements, etc.) afin d’éviter que cette précipitation ne soit une source de risques psychosociaux.

La CGT et Sud ont rapporté mardi qu’un salarié de l’Essonne avait tenté de mettre fin à ses jours le 16 mars à son domicile. Selon Sud, l’employé, dont les jours ne sont plus en danger, « a mis en cause la responsabilité de l’entreprise ».

Le syndicat indique également qu’un cadre s’est suicidé lundi à son domicile en Isère mais note que les circonstances du drame restent à déterminer.

Une enquête est par ailleurs en cours sur le suicide, en février, d’un cadre qui travaillait au siège.

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